Certains l’aiment chaud,

le ciné-club n°26

des films du Chat Roux

Une des comédies les plus hilarantes de l’histoire du cinéma dans le Ciné-club ce mois-ci : « Certains l’aiment chaud ».

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Ciné-club-comédie-musicale-BoMontageMondialement célèbre et totalement déjanté, ce film de Billy Wilder est l’un des plus gros succès cinématographiques de 1959. Inspiré de la comédie « Fanfaren der Liebe » (1951) du réalisateur allemand Kurt Hoffmann il a été adapté en 1972 à Brodway sous le titre « Sugar ».
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En pleine prohibition, deux musiciens de Chicago, Joe et Jerry, sont contraints de fuir la ville, après avoir été les témoins involontaires du massacre de la Saint-Valentin. Pour échapper à la mafia, ils remplacent, au pied levé, le saxophoniste et le contrebassiste d’un orchestre en partance immédiate pour la Floride. Seul hic, l’orchestre est entièrement – et exclusivement – féminin.
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« Some like it hot » (c’est le titre original), tourné en noir et blanc, avec Tony Curtis, Jack Lemmon et Marilyne Monroe reste le film le plus drôle de Billy Wilder. Mais le casting et l’esthétique de cette comédie désopilante faillirent être totalement différents.
Pour le rôle de Daphné,Billy Wilder pensa d’abord à Bob Hope et Dany Kaye, alors tous deux trop âgés pour le personnage. Il contacta également Frank Sinatra. Mais ce dernier refusa, car il ne souhaitait pas jouer un homme travesti en femme. Et c’est finalement Jack Lemmon qui signa pour le rôle.
Au moment de l’écriture du scénario, Wilder songeait à Mitzi Gaynor et non à Marilyne Monroe pour jouer le personnage de Sugar. Mais au final, le film sera la deuxième collaboration de Marilyne avec le réalisateur, après « Sept ans de réflexion » sorti en 1955. Après des essais sur pellicule couleur peut satisfaisants pour les maquillages de Tony Curtis et Jack Lemmon (la rumeur dit qu’ils étaient verts), Billy Wilder réussit à convaincre la star de renoncer, pour cette fois, à cette clause et de tourner en noir et blanc. Résultat : l’image est lumineuse et le film sera même nommé aux Oscars pour la meilleure photographie pour un film en noir et blanc.

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« Certains l’aiment chaud » reçu, au total, six nominations aux Oscars dont le meilleur réalisateur et le meilleur acteur pour Jack Lemmon. Mais malheureusement en compétition face à lui, se trouvait un des plus grand gagnant de l’histoire des Oscars, « Ben Hur ». Du coup, le film remporta seulement l’Oscar pour les meilleurs costumes pour un film en noir et blanc.
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Jack Lemmon, excellent en musicien travesti par obligation, a signé là un de ses meilleurs rôles. Il obtint, à défaut d’Oscar, le Golden Globes du meilleur acteur dans une comédie. Avec Curtis, ils forment un duo désopilant et inoubliable qui fonctionna dès les essais.

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Si le film est une réussite de drôlerie, le tournage, en revanche, le fut un peu moins. Maryline, qui n’allait pas bien, était souvent en retard et n’arrivait pas à se souvenir de son texte, malgré les nombreuses anti-sèches dissimulées par Wilder et son équipe dans le décor. Certains plans nécessitèrent jusqu’à 59 prises !
Jack Lemmon en aurait même fait des cauchemars : « Je me réveille en nage au beau milieu de la nuit, après avoir rêvé qu’on en est à la cinquante cinquième prise, que Marilyn vient enfin de passer sa réplique et que j’ai bafouillé ».

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Mais cela ne gâcha en rien le résultat, et le film reste un monument d’humour. Un pur joyau de la comédie musicale. Avoir et à revoir avec jubilation.
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Bon film et bon week-end.
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