Le jouet,

le ciné-club n°21

des films du Chat Roux

Le Ciné-club de BoMontage fait sa rentrée avec une comédie douce-amère: « Le jouet » de Francis Veber.

Ça y est la rentrée est passée, les vacances sont bien finies et tout le monde a retrouvé un rythme de croisière. Il était donc temps pour le ciné club de BoMontage de faire également son retour parmi vous avec une nouvelle formule.
Après quatre pauses estivales et un brainstorming, le Ciné-club devient mensuel afin de laisser un peu de place à une nouvelle rubrique, la revue de presse de BoMontage.
Mais pour l’instant revenons à nos moutons avec ce tout nouveau numéro consacré au film qui marque le début de la carrière de réalisateur de Francis Veber: « Le jouet« .

Fraîchement employé comme journaliste à France Hebdo, l’hebdomadaire du redoutable et puissant président Rambal-Cochet, François Perrin est envoyé en mission dans un grand magasin de jouets. Il se rend sur place, accompagné d’un photographe. Alors qu’ils réalisent le reportage qui leur a été confié, Perrin est choisi comme jouet par le fils du président Rambal-Cochet et va devoir se plier aux exigences de l’enfant pour éviter le chômage.

Après avoir signé les scénarios de plusieurs comédies à succès des années 70, notamment « Le grand blond » d’Yves Robert et « L’emmerdeur » d’Edouard Molinaro, Francis Veber s’attaque à la mise en scène avec un film rempli d’émotions. À la fois tendre, amusant, et féroce « Le jouet » nous offre une satire sociale toujours d’actualité aux répliques acérées. L’une des plus pertinentes et qui résume bien le propos du film est celle où Rambal-Cochet demande à son rédacteur en chef lequel des deux est le monstre: lui qui lui demande d’ôter son pantalon ou le rédacteur en chef qui accepte de le faire.

Pour ce premier film Veber s’entoure de comédiens parfaits dans leurs rôles. Pierre Richard joue un François Perrin drôle, attachant et émouvant. François Perrin sera par la suite le nom du personnage principal de nombreux films de Francis Veber. Richard Gréco, dont ce sera l’unique rôle au cinéma, est inoubliable en fils de milliardaire capricieux et lucide. Quant à Michel Bouquet, il est d’une froideur extrême pour interpréter ce président tyrannique inspiré par Marcel Dassault qui ne supportait ni les mains moites, ni les barbus et qui congédia un journaliste pour cause de « cravate horrible ».
Les seconds rôles tenus par Jacques François, Michel Aumont, Gérard Jugnot, Charles Gérard ou Daniel Ceccaldi sont tout aussi excellents et interprétés avec une grande justesse.

A sa sortie en salle le 8 décembre 1976, le film ne connaît pas le succès phénoménal auquel est habitué Pierre Richard à l’époque. Mais il sera quand même vu par plus d’un million de spectateurs et fera l’objet d’un remake américain réalisé par Richard Donner en 1982.
En 1977, il est d’ailleurs compétition pour trois Césars :
Meilleure photographie pour Etienne Becker,
Meilleurs décors pour Bernard Evein,
Meilleur scénario original ou adaptation pour Francis Veber.

38 ans après sa sortie, « Le jouet » reste un excellent divertissement, une comédie au sujet toujours pertinent et que l’on regarde encore avec beaucoup de plaisir.

Bon film et bon week-end.

Retrouvez des photos du film sur notre tableau Ciné-club.