Wargames,

le ciné-club n°28

des films du Chat Roux

Un vrai classique de science-fiction et un des premiers films à parler des hackers avec humour et intelligence dans le ciné-club ce mois-ci avec WarGames.

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David Lightman, est un adolescent précoce, piètre élève, aussi débrouillard que passionné en informatique. En pleine guerre froide, et croyant jouer à un jeu vidéo, il pénètre sans le savoir dans le système informatique du NORAD, et lance la simulation d’une guerre thermonucléaire globale entre les Etats-Unis et l’U.R.S.S. Créant la panique dans le centre de contrôle aérien nord-américain, ce qui au départ n’était qu’un jeu, est sur le point de déclencher la troisième guerre mondiale.
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Le film qui n’a pas pris une ride grâce à la réalisation et au montage efficace de John Badham, est un thriller américain sorti en 1983. Écris par Lawrence Lasker et Walter F. Parkes, il est interprété par Matthew Broderick, Dabney Coleman, John Wood et Ally Sheedy dans les rôles principaux.
L’équipe de production tâtonna pour trouver le ton juste de ce film à la fois simple teen-movie et film catastrophe captivant. C’est le réalisateur Martin Brest qui commença le tournage de WarGames. Mais sa vision plutôt sombre de cette comédie sur fond de guerre nucléaire l’obligea à quitter la production en cours de tournage. Lorsque John Badham, qui sait aussi bien manier le drame, que le fantastique ou l’action, reprit les rennes de la réalisation, il insuffla une atmosphère plus légère au film. Atmosphère qui correspond parfaitement à cette comédie à suspens pleine d’humour, sans l’empêcher de délivrer un message anti-guerre en dénonçant l’ineptie d’un conflit nucléaire et les dangers de nouvelles technologies.
Fort de son succès au box-office (presque 80 000 000 de recettes en 5 mois pour l’Amérique du Nord), WarGames apporta un souffle de sérieux aux teen-movies très en vogue dans les années 80 grâce aux films de John Hugues. Le film emballa également les critiques et fut aussi nominé pour trois Oscars.
Le succès en salle, ajouté aux succès critiques conférèrent à WarGames la réputation d’une référence culturelle à la pertinence intemporelle. D’autant que certains des concepts technologiques comme les pare-feu et les cybers attaques contre les mots de passe, glissés dans le film presque comme des plaisanteries sont devenus des réalités informatiques.

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Le centre de commandement du NORAD construit pour le film fût le décor le plus couteux (1 000 000 de dollars) jamais construit jusqu’alors. Les producteurs ne purent pas visiter le vrai centre de commande du NORAD. L’équipe du film dut donc imaginer totalement ce décor. Dans le commentaire audio du DVD, John Badham, remarque que le vrai centre d’opérations tactiques du NORAD est bien moins élaboré que celui du film, il fait référence au décor du centre de commande comme à “un rêve magnifié de lui-même”.
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Le WOPR, le supercalculateur du NORAD dans le film, porte le même nom , Joshua, que le bras mécanique mobile informatisé du film de science-fiction “Génération Prothéus” réalisé par Donald Cammell en 1977. Il était fait de bois et peint avec une peinture métallique. Tandis que l’équipe de tournage filmait les panneaux d’affichage du WOPR, le responsable des effets spéciaux, Michael L. Fink, s’asseyait à l’intérieur et entrait des informations par le biais d’un ordinateur Apple II pour afficher le compte à rebours.
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Le rôle du créateur du WOPR, le professeur Stephen Falken, joué par John Wood, fut, au départ, écrit pour John Lennon, et inspiré par Stephen Hawking. L’ancien professeur de Cambridge aurait même été contacté pour faire une apparition dans le film. L’utilisateur “Stephen Falken” a longtemps été présent dans le système d’exploitation libre NetBSD, en hommage à WarGames.
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De nombreuses années après la fin de la guerre froide, le film reste extrêmement efficace et l’on se surprend, même connaissant la fin, à se laisser emporter par la tension de la scène finale. Cette folle aventure trépidante, pleine de tensions et de légèreté à la fois, mérite amplement son statut de film culte des 80s. Un incontournable à voir à tout âge.
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Bon film et à bientôt pour un autre Ciné-club.
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